Jean-Yves Lesage
jyl




Absorbés dans une sorte de voyage ou de danse, les personnages tournent et progressent dans un théâtre, un décor symboliquement agencé et réuni dans sa diversité. Ils font chemin dans un espace rarement délimité par des éléments environnementaux (fumée, horizon).

Déambulant selon des lignes proches de celles de MIRO, les tracés évoquent plus souvent le seuil où les présences prennent forme. Les sujets tutoient le ciel avec leurs antennes : cheveux, rubans, fleurs, ombrelles. Sans appui sur le sol ni ancrage vertical, ils flottent en tenant la main à des astres familiers. Parfois, l’étoile d’une espérance luit au bout du cheveu ténu d’une idée. La quête de l’essentiel émaille de symboles le batifolage de jeunes paysages étourdis.

Voir aussi, le texte de Jacques Lécuyer, au sujet des toiles "Couples" de Jean-Yves Lesage.

Artistes à découvrir - Plan du site



Aufgesaugt in einer Art Reise oder Tanz, wo die Darsteller sich drehen und voranschreiten auf einer Bühne im Theater. Eine symbolisch errichtete Dekoration vereint in seiner Vielfältigkeit. Sie bahnen sich einen Weg in einen Raum, kaum begrenzt von Umwelt Elementen (Rauch, Horizont).

Dicht an den Linien von MIRO entlang schlendernd. Die Spuren treten häufiger an der Schwelle auf, wo die Gegenwart Form annimmt. Die Objekte berühren mit ihren Antenne den Himmel: Haare, Bänder, Blumen, Sonnenschirme. Manchmal schimmert das Bild der Hoffnung am Ende eines Haares, gehalten von einer Idee. Die Suche nach dem Wesentlichen bedeckt die Symbole der Frohlockung der betörenden jungen Landschaften.

Künstlerpräsentation- Webseite Map



There is no derision in his work, but there are games, sensuality, seriousness and pleasure. His rhythm carries us in hide-and-seek game, where we are in turn cat and mouse. His truth seems to be in this duality. He does not want to choose between, so the action bounces again and again according to his mood or the mood of the spectator. The painter uses signs that he carves on the canvas for us. This dreamer understood that his creativity could find anymore its gist (substance) in the material world, he knows how to turn back and to search our buried resource : childhood.

But today, it is an fully experienced adult which tells us the essential : a red for the flame, a black to claw, a white for the search(quest), a blue for teaching, a yellow for warmth, a curl to calm down and drive, a vertical for harshness and madness to surprise. Like BRAQUE, he controls the shape, fix it in its flight so that our reassured spirit lets life go away. It will not be a dove, but the French kiss of two little fishes which will outline the infinite. His Jacob's ladders are also games of Go and labyrinths. His work is firework which bond , on the stardust, together water and sky.

Because of Jean-Yves LESAGE's work, we find back the white stone of our way home, we triumph of the bad guys and we are becoming the princes of the fairyland.

Text from Régine MINET

Discover more artists- Website Map
Price list on demand
Art-Kultur
Kühwegboden 42
Hermagor
Austria - Österreich (Kärnten)
Tel : +43 (0)4282 321 41
Fax : +43 (0)4282 321 47



Photos - Fotos - Pictures



Ausstellungen - Expositions - Exhibitions
Texte de Jacques Lécuyer, au sujet des toiles "Couples" de Jean-Yves Lesage

Entre les liens multiples d’une unité toujours à recentrer et la dispersion d’un chaos toujours limitrophe, le dialogue est perpétuel et cela relativise ces désordres joyeux. De temps à autre une flèche semble vouloir indiquer une direction, mais on devine que cet indice parcellaire ne suffira pas. Les êtres oscillent entre terre et ciel, au bord de l’eau les multitudes tournent autour d’une mer ravigotante. Poissons célestes, oiseaux plongeurs : la gravitation fait les pieds au mur, la Terre manque de masse. De petits voiliers prennent l’allure de gemmes spontanées, éclats ingénus d’une gaieté communicative. Ici, un arbre propose un axe ; là, cimes et astres tendent un lien horizontal à la manière d’une corde. Promenant leurs roues dans la profusion du monde, les cyclistes de passage ont la tête dans la sereine simplicité de l’univers stellaire.

Lorsque sourdent les ténèbres, la lumière est diffusée par un quadrillage luminescent. Au travers de ce quadrillage passe le regard que le spectateur est invité à porter ; il prime sur le thème car c’est au regard qu’il revient d’éclairer. Parfois ce sont les personnages qui phosphorent, mystère de la lumière présente en toute chose : blancs ombrés, visages auréolés. Toutefois, jamais ne brille le soleil, affable mais pusillanime compagnon de route. La transcendance est ailleurs, elle émane et monte des êtres. Toujours en voie de recentration, la paix se nourrit d’un peu de tout. Secourables, les fleurs témoignent des couleurs du possible.

Souvent intégré à la toile, le cadre procure à l’environnement le caractère rassurant d’un univers familier. Comme autant de joyaux, de petits cristaux circonscrivent l’harmonie naturelle, éternelle, du microcosme. Souvent carrés, ils sertissent des cadres également souvent carrés, à la sagesse immanente. Fréquemment d’ailleurs, le périmètre sacré du cadre fait partie de l’œuvre, l’imprégnant d’une loi d’harmonie personnelle qu’elle s’approprie.

C’est qu’en un tel monde se jouent des jeux décisifs. La paix et l’amour y sont griffés par le contact, la griffure creusant l’écart. Se dégager peut sauver, mais aussi blesser. La vision panoramique raconte par facettes les tribulations de multiples histoires croisées. Les personnages se tiennent, s’imbriquent. L’environnement les disjoint et pourtant par la suite les séries d’événements qui les orientent, mutuellement libres, se télescopent. Des lignes les partagent, elles se prolongent au-dehors ; mais un chamane est venu, il a apprivoisé les sillons qui s’estompent autour de lui.

Les amoureux s’éprennent, se prennent, recréent un espace de sens. Leur amour ouvre une porte à la renaissance de l’espoir. Pour autant, leurs regards lointains et leurs expressions suspendues ne témoignent vraiment d’aucun ravissement, ni d’aucune béatitude. Nous regardons leurs visages aux sentiments mélangés à partir de plusieurs points de vue ; à moins que ce soit eux qui considèrent la réalité sous plus d’un angle, d’un ailleurs à ailettes, d’un ailleurs à facettes. Les regards atones de ces personnage-univers se font parfois brûlants, éblouissants. Mais subsiste leur énigme : quelle direction désignent-ils ? On dirait qu’ils regardent ailleurs, à travers nous.

Jacques Lécuyer